“Nous voulons ouvrir les portes de la psychiatrie.”

Interview Jane-Christie CORINTHIEN
À la tête du Groupe Santé Basque, Jane-Christie CORINTHIEN défend une approche singulière des soins psychiatriques. Elle confie ses ambitions et explique le choix de CREADEV comme actionnaire majoritaire.
Il paraît que vos cliniques sont pensées pour que “les patients en sortent”...
Santé Basque est un groupe de cliniques psychiatriques à taille humaine. Nous accueillons des patients souffrant de troubles bipolaires, de troubles alimentaires ou encore de phobie scolaire… Et notre vœu le plus cher, c’est qu’ils retrouvent leur autonomie en dehors de nos murs.
Quelle est votre méthode ?
Pluridisciplinaire et intégrative. Pluridisciplinaire, car nous mobilisons psychiatres, psychomotriciens, infirmiers, éducateurs sportifs, art-thérapeutes… Entre autres ! Intégrative, car nous combinons différentes approches thérapeutiques, parmi lesquelles des mises en situation : prendre le bus, aller au musée, retrouver confiance grâce au théâtre… Pour un patient qui souffre de troubles psychiatriques, ces gestes peuvent être de grandes victoires.
Vous arrivez à répondre à toutes les demandes ?
Les besoins explosent. En France, de très nombreuses familles sont à la recherche de solutions, notamment les publics jeunes pour lesquels nous avons des filières dédiées. Pour répondre à ces besoins, nous souhaitons ouvrir de nouveaux hôpitaux de jour, développer de nouvelles filières spécialisées et nous implanter dans de nouveaux territoires.

Où en êtes-vous de cette dynamique de développement ?
Un projet est déjà engagé près de notre clinique de Béthanie, à Talence, avec une ouverture prévue début 2028. À Lyon, nous développons aussi des parcours pour les troubles borderline et le TDAH adulte. Mais tout cela prend du temps. En psychiatrie, on ne décrète pas l'ouverture d'un établissement du jour au lendemain. Il faut construire un projet médical, convaincre les autorités de santé, trouver les bons locaux, constituer les équipes…
C’est pour cela que vous avez choisi CREADEV ?
Nous voulions un actionnaire capable de comprendre ce temps long. La dimension familiale de CREADEV nous a touchés, tout comme l'histoire de Maisons de Famille, une participation de CREADEV qui a connu un développement extraordinaire. Nous avons senti qu'il y avait un vrai écho pour les convictions, et même pour les tâtonnements. Dans notre métier, on peut avoir une bonne intuition médicale et devoir ajuster le projet en chemin. Il faut un partenaire qui accepte cela.
Et vous, Jane ? Vous êtes psychiatre ?
Pas du tout ! Je suis juriste de formation. Je suis arrivée dans la psychiatrie par hasard, j'y suis restée par choix. Un jour, j’ai rencontré une patiente qui sortait pour la première fois d’une clinique dans laquelle elle vivait depuis trente-cinq ans. Je l’ai entendue dire : « Mais c’est fou, les voitures ont changé ! » On ne peut pas se résigner à ce que des patients passent leur vie enfermés dans la maladie. Notre travail, c'est de leur redonner les moyens de vivre pleinement. Nous voulons ouvrir les portes de la psychiatrie et la placer sous le regard de la société.




