“Un sol, c’est un capital à protéger”
De Vivescia à Terrena, en passant par Poulain et Tipiak, Alain Le Floch a passé sa carrière aux commandes de coopératives agricoles et d’entreprises agroalimentaires. À l’invitation de CREADEV, il vient d’accepter la présidence du Conseil d’Administration de FCA Fertilux. Il nous raconte pourquoi.

Alain, votre parcours suggère que vous avez un faible pour les bonnes choses.
J’ai en effet fréquenté pas mal de marques gourmandes ! Poulain, Carambar, Krema, Malabar, Hollywood, Tipiak, Francine, La Nouvelle Agriculture… Mais j’ai aussi dirigé deux grandes coopératives agricoles. Ce que j’aime dans ce secteur d’activité, c’est son ancrage dans le réel. On n’y fait pas toujours des croissances renversantes, mais on construit des entreprises qui traversent le temps.
Après la nourriture des humains, vous vous penchez maintenant sur celle des sols ?
Joli clin d’œil en effet ! Je rejoins le conseil d’administration de FCA Fertilux qui conçoit des solutions de fertilisation soucieuses de la santé des sols. Mais tout au long de ma carrière, j’ai été sensible à cet enjeu : un sol, c’est un capital qu’on transmet et qu’il faut protéger.
Pourquoi avoir accepté de rejoindre le board de FCA Fertilux ?
J’aime les entreprises industrielles qui portent un sens. J’ai été un acteur opérationnel, confronté aux réalités de l’agriculture, des marchés mondiaux, des cycles climatiques. Je me sens en résonance avec les dirigeants de FCA Fertilux. Mon rôle sera de les écouter, de les challenger et de les aider à réussir. En lien avec CREADEV bien sûr, qui m’a fait confiance en me proposant de rejoindre ce conseil d'administration.
Vous arrivez après 35 ans de développement de FCA. Pas trop la pression ?
Au contraire, c’est formidable ! Pascal Tronçon et ses équipes ont déjà construit une très belle entreprise. Maintenant, il faut réussir la deuxième phase de croissance. Faire encore mieux, c’est un joli défi.
Ce qui me plaît, c’est l’humilité des gens que j’ai rencontrés. Dans les industries de la terre, on sait qu’on ne maîtrise pas tout. On travaille avec les saisons, les cycles, la matière. Ça oblige à garder les pieds dans le sol.
Racontez-nous votre premier board.
C’était le 9 septembre. J’ai vu les équipes de FCA Fertilux en chair et en os. J’ai visité l’usine près de Charleville-Mézières : des concasseurs, des mélangeurs, des camions mais surtout des compétences… Tout ce que j’aime ! Je m’intéresse d’abord aux personnes et aux métiers avant de regarder les chiffres. La performance financière est évidemment essentielle, mais elle découle de ce qu'on construit sur le terrain.
Comment avez-vous trouvé l’attitude de CREADEV pendant ce board ?
Collaborative. Je prendrais l’exemple du « huis clos » : à la fin du conseil, les actionnaires se réunissent quelques minutes avant de restituer un feedback consolidé aux dirigeants. C’est respectueux, direct, bienveillant. Quand on a été dirigeant, on sait combien un retour construit peut aider.
Et en dehors des boards ?
Les collaborateurs de CREADEV sont très impliqués. Pas sur des strapontins à remplir des tableaux Excel. J’ai travaillé dans des structures coopératives où le président est élu par ses pairs et où le directeur général pilote l'exécution. Ça ne fonctionne que si le dialogue entre les deux est intense et régulier. Je retrouve cette gouvernance puissante.
Que comptez-vous apporter à FCA Fertilux ?
J’espère un peu d’expérience et de méthode ! Je peux leur faire bénéficier de ma connaissance croisée de l'industrie agroalimentaire et du monde agricole. L’ambition de croissance de FCA est très élevée, l’entreprise possède déjà un savoir-faire éprouvé, des produits qui fonctionnent, des références, des clients.
Il y a des opportunités pour mieux couvrir le territoire français, développer certains débouchés, structurer les processus. Je connais bien le monde des coopératives agricoles et celui des industriels agroalimentaires, dont beaucoup ont engagé des démarches de décarbonation. Les solutions de FCA peuvent répondre à leurs enjeux de chaîne d’approvisionnement.
Mon rôle, ce sera aussi d’aider à organiser cette croissance. FCA, c'est un cheval fougueux : il faut préserver son énergie tout en l'aidant à prendre la bonne direction.
Vous avez déjà vécu une aventure de croissance comparable ?
Oui, chez Malteurop, qui produit du malt pour les brasseurs et les fabricants de whisky. J’en ai pris la direction générale en 2005. Cinq ans plus tard, nous avions doublé de taille et étions devenus leaders mondiaux.
Nous avions ouvert ou acquis des usines aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Pologne… Tout cela très rapidement.
Mais le plus intéressant, c’est que nous avions compris une transformation de notre marché : les grands brasseurs devenaient des groupes mondiaux. Ils avaient besoin de fournisseurs capables de les accompagner partout. Nous avons donc fait évoluer notre modèle pour répondre à cette nouvelle réalité.
Et quand vous ne présidez pas un conseil d’administration, vous faites quoi ?
Je suis membre du comité stratégique de Go Local et je préside la Fondation Arts et Métiers, qui œuvre notamment pour donner aux jeunes le goût des métiers d’ingénieur. Sinon, je vis en Bretagne Nord, je fais un peu d’athlétisme pour le plaisir et j’ai un faible pour les vieilles voitures. Je suis un retraité plutôt actif !




